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  • Bref. 1 (2011 – 2012), court mais efficace

    Bref. 1 (2011 – 2012), court mais efficace


    La saison 2 de Bref est sortie le 14 février sur Disney+, et à cette occasion j’ai du revoir la première saison. Je l’avais déjà vue il y a assez longtemps, très probablement au moment de sa diffusion. À cette époque, j’aimais bien. Sans plus. Mais après l’avoir revue avec des yeux d’adulte, je me rends compte que Bref en dit plus long que son titre le laisse entendre.

    Quand j’étais (bien) plus jeune, Bref c’était juste comme une capsule qui passait des fois sur la télé. Comme je l’ai dit, j’aimais bien. Pour moi, c’était plus une série humoristique qu’autre chose. Mais si elle est effectivement assez comique sur certains points, la série a souvent recours à des tons plus graves et moins joyeux. Entre éventuel commentaire social et discours sur la santé mentale, la série créée par Kyan Khojandi (« Je ») et Bruno Muschio/Navo (« Jamais ») utilise beaucoup le symbolisme et l’allégorie.

    L’allégorie, discours sur la santé mentale

    « Demain », « Jamais », « Solitude », « Liberté » ou encore (spoiler) Kheiron sont autant de personnages qui expliquent la vision et la personnalité de « Je. » Mais ce ne sont pas les seules utilisations de la symbolique qui existent dans Bref.

    Dans l’épisode 57, Bref. On était des gamins, l’ombre de l’ours parcourt les murs comme une image de la complicité qui existait entre « Je » et son ex, tout comme les enfants qui les représentent. Lorsque la relation se termine, l’ours se désintègre. Je ne considère pas que la symbolique soit ici de nature à forcément expliquer ce qui se passe mais à mettre l’emphase sur le côté émotionnel de la fin de la relation.

    Mais l’épisode le plus clair tant au niveau de la représentation de la santé mentale que de la symbolique reste l’épisode 80, Bref. J’ai fait une dépression. Dans celui-ci, « Je » se retrouve dans le jeu vidéo de sa vie, dans lequel il doit se battre contre ses traumatismes, aussi minimes soient-ils en apparence, pour sortir de l’ascenseur qu’est la dépression.

    Juste l’histoire d’un mec

    Bref n’est pas une série qui transmet apparemment un message social ou politique. Elle se place en observatoire du cercle des personnes que le personnage principal côtoie, ainsi qu’en début très léger d’introspection. « Je » n’est pas une bonne personne, semble se convaincre du contraire. Cependant, dans cette première saison, une telle considération – sur le fait que « Je » soit ou non une bonne personne – ne trouve pas encore sa place.

    Si le personnage principal détruit sa relation amoureuse, ses relations familiales, et même ses relations amicales, il n’en est pas moins un personnage que l’on ne déteste pas forcément, en tout cas pour ma part. C’est un peu comme dans BoJack Horseman : on a conscience que ce personnage est un sinistre connard mais on n’éprouve pas de sentiments négatifs (en tout cas de trop forts) à son égard.

    La série est aussi intéressante sur la question des points de vue : elle est quasiment uniquement axée sur le point de vue, les sentiments de « Je » sans prendre en considération ceux des autres, comme on peut le constater plus clairement avec l’épisode 60, Bref. Je suis un plan cul régulier, dans lequel on a le point de vue de Marla, totalement différent de celui de « Je. »

    D’ailleurs, il serait temps de noter un détail assez important : le personnage n’a pas de prénom, ni de nom de famille. Dans les crédits, il est sobrement intitulé « Je », ce qui appuie un sentiment que ce personnage est absolument imbu de lui-même, et que seul son point de vue compte.

    Bref, en bref

    C’est la vie d’un mec qui voit ce qui se passe autour de lui, et qui gâche à peu près tout le temps à peu près tout ce qu’il touche. Génial.

    9,5/10